Chiffres du chômage publiés le 27 juin 2018

Précarité, toujours précarité

Le nombre de privés d’emploi en catégorie A est en baisse légère de 0.9% sur un mois, soit 3 294 700 inscrits sur les listes de Pôle Emploi. On note une augmentation du côté des précaires. La catégorie C (chômeurs en activité réduite à plus de 78 heures par mois) passe à 1 482 700 personnes, soit +1.9 % en un mois, ce que ne compense pas la baisse de la catégorie B (en activité réduite de moins de 78 heures par mois) qui compte 751 900 chômeurs, soit -3.4% en un mois. 
Nous comptons donc 2 234 600 chômeurs qui travaillent à temps partiel et perçoivent une indemnisation, soit + 0.1 % en un mois, + 1.6 % en trois mois ou + 7.5 % en un an. En ce qui concerne l’ensemble des demandeurs d’emploi inscrits, c’est 6 187 000 personnes qui comptent sur l’aide de Pôle Emploi pour retrouver un travail qui leur permette de vivre dans la dignité. 
Le chômage global ne baisse donc quasiment pas, du fait de la précarité. 
La précarité se mesure très bien dans les catégories B et C qui augmentent inexorablement depuis le 1er trimestre de 2009 où nous pouvions décompter 1 034 300 demandeurs d’emploi inscrits. 
Une étude sur les contrats très courts vient de confirmer que, sur 16 ans, le nombre d’entrées en CDD a été multiplié par 2.5, avec une durée d’emploi qui diminue de 112 à 46 jours. La part des CDD d’une seule journée est établie à 30% en 2017. C’est une précarité toujours plus forte qui s’intensifie, avec la flexibilité instaurée par les ordonnances.
Depuis plusieurs années, la CGT dénonce cette montée du nombre de personnes en situation de travail précaire et fait des propositions de réduction du temps de travail avec maintien des revenus. Il n’est pas possible de rester dans cette optique de dégradation des conditions de vie, sans travailler à la diminution du nombre de contrats courts et à la relance de l’emploi stable : en premier lieu, par la mise en place d’une sur-cotisation significative au bénéfice de l’assurance chômage à laquelle les contrats courts coûtent 8 milliards d’euros annuellement. Il faut noter, par ailleurs, qu’un bonus pour ceux qui utilisent l’intérim, plutôt que l’embauche, ne serait pas le bienvenu.
La CGT insistera toujours, que ce soit avec le rassemblement de chômeurs devant le Conseil d’Administration de l’UNEDIC du 29 juin ou dans d’autres instances, pour faire entendre les revendications des travailleurs privés d’emploi ou pas, dans le sens d’une justice sociale au bénéfice de toutes et tous, notamment les plus fragilisés.

Montreuil, le 27 juin 2018

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